
Gerald Simpson, alias A Guy Called Gerald, lui n'est pas un inconnu puisqu'il
a appartenu à la première équipe de fous furieux qui, sous le nom de 303 State,
se firent connaître avec le single « Pacific State ». Pour une sombre affaire de
paternité du morceau synonyme de droits et donc de revenus, il décide de quitter
305 pour faire sa route en solo. Ainsi, on le retrouve quelques mois plus tard
enregistrant une Peel-Session pour le toujours vaillant John Peel, « Émotions
Electrics ». Le morceau n'obtient pas un véritable succès, mais il permet à son
auteur de décrocher un contrat avec CBS, qui sort par la suite « Voodoo Ray ».
Cette fois il entre dans le top avec un morceau qui relève tout de même plus de
l'anecdote soul que du véritable morceau (mais c'est peut-être aussi ce qui
explique son succès). Cependant, il nous est récemment revenu avec un album
flambant neuf, « Automanikk », qui montre que Gerald n'est pas décidé à se
laisser enfermer dans une production trop ciblée « top cinquante ». Précédé par
le single « FX », chef-d'oeuvre de ce qu'on peut déjà appeler la techno-soul, «
Automanikk », en alternant instrumentaux et chansons, se place dans le sillage
d'Adamski. Mais surtout, il montre combien Gerald, à partir de son héritage
soul, invente, expérimente de nouvelles formules rythmiques posant toutes comme
postulat de départ que le beat house est suffisant pour faire danser et qu'on
peut donc utiliser le reste de l'espace pour toutes sortes d'expérimentations
qui ont pour but de donner toujours plus de groove à une musique d'abord conçue
pour faire danser. En reprenant le single « FX » en une version furieuse et
surtout sans véritable ligne de basse (les amateurs de soul apprécieront la
gravité du blasphème !), Gerald risque bien de provoquer des remaniements dans
les écoles de musique tant sa formule de la soul était inimaginable il y a peu
encore. « Automanikk », qui sort ces jours-ci en single, et surtout
Apparue au début des eighties avec des groupes comme Kraftwerk ou Depeche
Mode, la musique informatique trouve enfin ici sa raison d'être. Au lieu de
déléguer sa créativité à la machine, le musicien, se contentant d'ordonner les
sons créés dans des formules rythmiques censées être celles de la machine, la
nouvelle scène House anglaise, à laquelle on peut associer Norman Cook ou Soul
II Soul qui utilisent les machines de la même façon, utilise l'ordinateur comme
média. Fonctionnant autour d'une base rythmique ultra-simple et con-nue du grand
public, ils utilisent le reste de l'espace rythmique avec la liberté de celui
qui sait que, de toute façon, sa chanson aura du groove. Du moins c'est
l'impression qu'ils donnent...
François GERALD